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Le président du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, a déclaré après la session de prolongation au Parlement que "les circonstances de la guerre sont exceptionnelles et constituent un cas de force majeure, mais la question a pris une autre tournure. Nous avions préalablement demandé au Parlement, par une lettre écrite, de tenir une séance de discussion général avec le gouvernement, d'autant plus que dans les circonstances de la guerre, le Parlement n'est pas en mesure de débattre de la situation du pays".
Bassil a souligné que " nous nous trouvons dans cette situation en raison des attaques d'Israël contre le Liban. Mais le Hezbollah porte aussi une part de responsabilité en agissant de manière unilatérale, indépendamment de l'État et de ses décisions. Troisièmement, le gouvernement est également responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons pour deux raisons ". Il a ajouté : " La première est que le gouvernement s’est engagé dans sa déclaration ministérielle, à élaborer une stratégie de défense nationale afin d'éviter la situation dans laquelle nous nous trouvons, mais il ne l'a pas fait malgré nos demandes répétées pour s'acquitter de ses devoirs et de ses obligations à cet égard, et aussi parce que le gouvernement a été incapable et a manqué à ses obligations en organisant les élections à la date prévue pour les expatriés, car il n’a pas accompli ses obligations ".
Il a précisé : " Aujourd’hui nous sommes en situation de guerre et il est vrai que ces circonstances exceptionnelles imposent un report lie à ces mêmes circonstances. C'est pourquoi j'ai été contraint de m'adresser au Parlement et de m'appuyer sur la décision d’invalidation redue par le conseil constitutionnel en 2014 concernant la prolongation du mandat du Parlement. Cette décision liait clairement la prolongation a une durée limitée en rapport avec la situation exceptionnelle, en précisant qu’une longue durée ne peut être justifiée par des données actuelles et que la justifier par des hypothèses futures n’est pas réaliste ».
Bassil a estimé que ce qui s'est produit, avec la connaissance du Parlement, est susceptible d'être contesté devant le Conseil constitutionnel car cela touche aux élections et à l'ordre public dans le pays. Il a déclaré : "Il est regrettable que, malgré toutes les discussions sur le report, une grande partie du parlement ait prolonge son propre mandat en profitant de la guerre, au lieu que celle-ci soit une occasion de renforcer la solidarité. Certains ont utilisé pour prolonger leur mandat, qu’ils disposent ou non d’une légitimité populaire, profitant de l’occasion pour conserver leur siège sans passer par les élections ».
Il a ajouté : " Nous sommes face à une réalité ou le Parlement s'est prolongé son mandat de deux ans, soit la moitié d'un mandat, en raison d'une guerre en cours dont on ignore l'ampleur, les répercussions et les conséquences.
Bassil a mis en garde les défenseurs d’une bonne représentation, de la parité et du partenariat dans le pays contre le fait que cette prolongation pourrait cacher des intentions visant à porter atteinte à la qualité de la représentation. Il a souligné qu’il « a fallu des années pour obtenir cette loi électorale et toute modification devrait améliorer la représentation non la détériorer comme cela a pu être le cas auparavant.
Il a également ajouté : " Nous avons demandé un vote à main levée afin que les Libanais sachent qui prolonge pour des raisons politiques et qui le fait pour des raisons personnelles, uniquement pour garder son siège plus longtemps, tout en sachant qu’il ne possède pas le soutien populaire nécessaire ou même une place sur une liste électorale s’il y avait élections ».
Il a poursuivi : " C'est un abus de confiance envers le peuple libanais qui a donné aux députés un mandat qui ne peut être prolongé sans consulter la volonté populaire. C'est la pire forme de démocratie lorsque le Parlement prolonge son propre mandat “.
Il a regretté que “ la guerre et ses tragédies soient devenues une opportunité pour certains députés opportunistes ".
Bassil avait également indiqué, dans son intervention que « nous avions proposé une prolongation de quatre mois, avec la possibilité de quatre mois supplémentaires selon les circonstances, jusqu’à un maximum d’un an. La situation actuelle n’est pas uniquement celle d’Israel et du Hezbollah, mais aussi du gouvernement qui s'était engagé dans sa déclaration ministérielle à mettre en place une stratégie de défense et n'a fait aucun effort dans ce sens pendant une année au cours de laquelle nous savions qu'il y aurait des élections et des menaces israéliennes tandis que la majorité du parlement demandant la limitation des armes à l’Etat ».
Concernant la loi électorale, il a expliqué qu’« indépendamment des agressions israéliennes, le gouvernement nous a mis dans une situation de crise en refusant d'appliquer une loi en vigueur dans son intégralité ".
Bassil a précisé : "144 000 Libanais de l'étranger se sont inscrits pour élire six représentants, mais le gouvernement leur a retiré ce droit dès la publication d'un avis de l’autorité de législation et de consultation, ce qui rendait l’organisation des élections susceptible d’être contestée ». Il a conclu « que la guerre est certainement une circonstance exceptionnelle, mais la périodicité des élections est un pilier fondamental de l’ordre et ne doit pas être compromise. Le report force ne peut être justifie que par la durée des circonstances exceptionnelles ».
Il a insisté : « Nous ne pouvons pas anticiper la situation et prolonger des maintenant de deux ans, car nous avons été élus pour quatre ans par mandat du peuple et nous ne pouvons pas prolonger ce mandat nous-mêmes a sa place. Sinon, le parlement pourrait devenir permanent. »
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