Bassil appelle au déploiement d’une force internationale dotée de pouvoirs étendus pour obtenir le retrait israélien : "Nous espérons que le Hezbollah n’entrera pas de nouveau en guerre et mettons en garde contre une extension du conflit à l’intérieur du Liban "

  • 29 October 2026
  • 1 hr ago
    • Lebanon
    • POLITICS
  • source: tayyar.org
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    Le président du Courant patriotique libre (CPL), le député Gebran Bassil, a affirmé que la prochaine période comportait des risques majeurs pour le Liban et la région. Il a mis en garde contre une éventuelle intensification de l’agression israélienne et les conséquences d’un nouvel engagement du Hezbollah dans la guerre, insistant sur la nécessité d’épargner au Liban une confrontation militaire et d’empêcher que le conflit ne se propage sur la scène intérieure libanaise.
    Lors d’un entretien accordé à l’émission « 20/30 », présentée par le journaliste Albert Kostanian sur la LBCI, Bassil a estimé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se montrerait encore plus dur après les élections en cas de victoire, soulignant que cette tendance se manifestait déjà dans la brutalité de son comportement actuel.
    Bassil a exprimé l’espoir que le Hezbollah ne s’engagerait pas dans la guerre pour la troisième fois, déclarant : « Nous lui demandons à nouveau, comme nous l’avions demandé à Sayyed Hassan Nasrallah, de ne pas entrer en guerre. »
    Il s’est interrogé : « Compte tenu de ses capacités militaires, le Hezbollah n’est actuellement pas en mesure d’empêcher, par la défense, une nouvelle avancée de l’occupation israélienne. Comment pourrait-il alors passer à l’attaque ? » Il a estimé que la priorité devait être de protéger le Liban et d’empêcher l’élargissement de la confrontation.
    Concernant le rôle de l’institution militaire, Bassil a salué la sagesse et le patriotisme du commandant en chef de l’armée, affirmant que « porter atteinte à l’armée, c’est ouvrir la voie à une guerre civile ». Il a rappelé les événements de la guerre du Liban, déclenchée en 1975, ajoutant : « D’autant plus que nous constatons que la campagne visant le commandant de l’armée s’accompagne d’une autre campagne menée par certains milieux aux États-Unis. »
    Au sujet des négociations et de l’accord-cadre, Bassil a affirmé que le Liban « a tout donné sans rien obtenir en retour ». Il a souligné que les responsables libanais auraient pu poursuivre les discussions sans procéder à une signature, afin de préserver les atouts du pays dans les négociations.
    Bassil a estimé que les circonstances actuelles pourraient être davantage propices à l’ouverture d’un dialogue national constructif. Il a évoqué l’engagement du gouvernement et du président de la République à présenter un document portant sur la protection du Liban, insistant sur la nécessité de veiller à ce qu’il atteigne les objectifs escomptés.
    Il a rappelé qu’entre 2006 et 2022, le Liban avait connu une période de sécurité relative grâce à l’existence d’un certain équilibre des forces, estimant que les discussions devaient désormais porter sur la recherche de garanties concrètes pour assurer la protection du pays.
    Concernant les relations entre le Courant patriotique libre et le Hezbollah, Bassil a reconnu qu’elles « ne sont pas bonnes », tout en réaffirmant son refus de voir les divergences politiques se transformer en hostilité entre Libanais, susceptible de provoquer une explosion sur le plan intérieur.
    Dans ce contexte, il a salué la position de l’ancien président du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, estimant que celui-ci abordait la situation actuelle avec raison et lucidité, malgré son mécontentement à l’égard du Hezbollah. Selon Bassil, cette approche témoigne d’un souci de préserver la société libanaise et le pays.
    Il a insisté sur la nécessité d’un rapprochement entre les différentes forces politiques, mettant en garde contre les dangers de la guerre et soulignant que le minimum indispensable consistait à empêcher le déclenchement d’une guerre civile entre Libanais.
    Une alternative à la FINUL : une force internationale issue des cinq membres permanents du Conseil de sécurité
    Concernant la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), Bassil a indiqué qu’il existait une position américano-israélienne ferme contre le renouvellement du mandat de cette force internationale.
    Il a proposé, en contrepartie, l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies prévoyant le déploiement d’une force internationale composée de contingents issus des cinq États membres permanents du Conseil et dotée de pouvoirs exécutifs étendus.
    Cette force aurait pour mission, premièrement, d’obtenir le retrait israélien du territoire libanais et, deuxièmement, d’assurer le déploiement de l’armée libanaise et l’extension de sa pleine autorité, ce qui implique le retrait des armes détenues en dehors du cadre de l’État.
    Selon Bassil, un tel dispositif offrirait un cadre international permettant de protéger le Liban et de renforcer sa souveraineté.
    Il a également mis en garde contre les ambitions expansionnistes israéliennes, expliquant que la carte présentée par Netanyahu divisait le Liban en plusieurs zones : l’une sous influence israélienne, une autre sous influence iranienne et une troisième relevant de l’influence de l’axe sunnite.
    Il a rappelé qu’Israël était, selon lui, responsable de la destruction du Liban, de l’occupation de son territoire et de la mort de citoyens libanais.
    Bassil a estimé que deux projets s’affrontaient dans la région : un projet de partition porté par Israël et un projet unificateur auquel participent notamment l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et l’Égypte, tandis que les pays de la région continuent de payer le prix de ces affrontements.
    L’affaire de Dahr el-Baïdar : mise en garde contre l’amplification du dossier et son instrumentalisation politique
    Bassil est revenu sur l’affaire de Dahr el-Baïdar, exprimant sa crainte de voir ce dossier prendre des proportions excessives. Il a estimé que la manière dont il était traité suscitait des inquiétudes dans un contexte sécuritaire déjà préoccupant.
    Il a reconnu que le transport illégal d’explosifs avait bien eu lieu, tout en avertissant qu’une amplification de l’affaire risquait d’alimenter un climat dangereux d’accusations et d’incitation.
    Selon lui, une tendance se dessine visant à imputer la responsabilité au Hezbollah. Il s’est inquiété de la possibilité que certaines parties exploitent cette affaire pour formuler des accusations politiques ou personnelles, dans un climat sécuritaire susceptible d’exposer certaines personnes à des risques d’assassinat.
    Bassil s’est interrogé sur l’utilité de déférer l’affaire devant le Conseil judiciaire, alors que la justice militaire serait en mesure de statuer rapidement. Il a également questionné l’intérêt de la surenchère politique à l’égard du président de la République et du Premier ministre dans ce dossier.
    Il a critiqué la manière dont certaines parties au sein du gouvernement géraient cette affaire, estimant que, si le gouvernement entendait faire respecter ses décisions, il devrait révoquer les ministres qui ne respectent pas le principe de solidarité gouvernementale.
    Il a appelé les parties concernées à privilégier le dialogue et à contenir la controverse plutôt qu’à l’exacerber, afin d’éviter une aggravation des tensions internes.
    Bilan du mandat présidentiel et réforme politique
    Évaluant le bilan du mandat présidentiel en cours, Bassil a reconnu l’existence de difficultés majeures.
    Il a estimé que le principal dossier sur lequel reposait l’arrivée au pouvoir de l’actuel mandat présidentiel, et que celui-ci s’était engagé à traiter, aurait pu être abordé différemment.
    Il a cité l’accord du Vendredi saint, conclu en Irlande du Nord, comme exemple de règlement fondé sur des ententes politiques.
    Gouvernement, nominations et fiscalité : des charges supplémentaires pour les Libanais
    Bassil a critiqué la gestion gouvernementale des dossiers administratifs et économiques, se demandant si le Liban avait déjà connu, au cours de son histoire, un nombre aussi important d’irrégularités dans les nominations publiques que sous le gouvernement actuel.
    Il a également évoqué une nouvelle irrégularité concernant la gestion des déchets et les redevances, précisant que le Courant patriotique libre avait introduit un recours contre cette mesure.
    Bassil a accusé le gouvernement de s’appuyer principalement sur les impôts, les taxes et les redevances pour financer les dépenses publiques.
    Il a affirmé que ces prélèvements représentaient 85 % du budget de 2025 et 86 % de celui de 2026, estimant que le gouvernement continuait d'alourdir les charges pesant sur les citoyens au lieu de stimuler les investissements et de favoriser le développement économique.
    Il a souligné que la politique budgétaire actuelle reposait essentiellement sur la perception de recettes fiscales auprès des citoyens.
    Électricité : critiques de la politique gouvernementale et du dossier des générateurs privés
    Concernant le secteur de l’électricité, Bassil a indiqué que le ministre de l’Énergie avait reconnu que les factures des générateurs électriques privés avaient représenté un coût d’environ cinq milliards de dollars pour l’État.
    Il a estimé que les parties ayant entravé les projets de développement du secteur électrique portaient la responsabilité de la persistance de ces charges financières.
    Bassil a également critiqué la décision d’autoriser les propriétaires de générateurs privés à majorer leurs factures de 10 %, indépendamment de l’évolution du coût du mazout.
    Il a par ailleurs mis en garde contre un projet visant à diviser le secteur de l’électricité en zones géographiques distinctes, estimant que sa mise en œuvre entraînerait des coûts supplémentaires considérables pour les Libanais.
    « Notre projet pour l’électricité n’est pas exclusivement le nôtre, puisque le gouvernement l’avait déjà approuvé. Et si quelqu’un a introduit le secteur privé dans le domaine de l’électricité, c’est bien nous. Nous avons accordé 11 licences pour l’énergie solaire et près de 200 licences pour l’énergie éolienne. La centrale de Deir Ammar devait également être réalisée avec la participation du secteur privé, mais le ministère des Finances en a interrompu le financement », a-t-il déclaré.
    Réforme du système politique et rôle du Liban
    Concernant la réforme du système politique, Bassil a estimé que celle-ci devait commencer par l’application intégrale de l’accord de Taëf, notamment en matière de décentralisation administrative, de création d’un Sénat et de laïcisation de l’État, plutôt que de se limiter à l’abolition du confessionnalisme politique.
    Il a toutefois souligné que la solution ne pouvait se réduire à une réforme institutionnelle, puisqu’elle était également liée au rôle régional du Liban.
    Il a ainsi plaidé pour l’adoption du principe de neutralité du Liban à l’égard des conflits régionaux, parallèlement à la mise en place d’un nouveau modèle économique.
    Bassil a insisté sur la nécessité de dépasser la simple gestion des crises pour s’attaquer à leurs causes politiques et économiques profondes, à travers l’application intégrale de l’accord de Taëf, la préservation du Liban à l’écart des conflits régionaux et l’adoption d’un modèle économique capable d’alléger les charges pesant sur les citoyens et de reconstruire les fondements de l’État.
    Abordant le rôle et la place du Liban, Bassil s’est interrogé : « Voulons-nous le Grand Liban ou un Liban morcelé et divisé ? »
    Il a ajouté : « En tant que Libanais et en tant que chrétiens, nous avons une responsabilité à l’égard de notre environnement régional. »
    Concernant le dossier des déplacés syriens, Bassil a affirmé que tout gouvernement devait prendre ce dossier à bras-le-corps.
    Il a mis en doute la fiabilité des chiffres relatifs aux retours, notamment en raison des entrées clandestines par les réseaux de contrebande.
    Il s’est interrogé : « Pourquoi des centaines de milliers d’élèves syriens sont-ils inscrits, alors que les élèves libanais ne parviennent pas à obtenir leurs équivalences ? »
    Enfin, interrogé sur ce que le Courant patriotique libre aurait dû faire lorsqu’il participait au pouvoir, Bassil a répondu : « Nous aurions dû provoquer une confrontation majeure autour de la stratégie de défense et en faire une priorité. »

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