Le président du Courant patriotique libre (CPL), le député Gebran Bassil, poursuit sa visite en France, où il multiplie les rencontres avec les membres de la diaspora libanaise ainsi qu’avec les responsables et les adhérents du CPL. Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens avec les Libanais établis à l’étranger, parallèlement aux commémorations du 13 octobre et à l’inauguration prochaine d’une statue du bienheureux patriarche Élias Boutros Hoayek à la cathédrale Notre-Dame du Liban, à Paris.
Visite de l’église Saint-Sauveur et Saint-Maroun
Dans le cadre de sa tournée, Bassil s’est rendu aujourd’hui à l’église maronite Saint-Sauveur et Saint-Maroun, située à Issy-les-Moulineaux, près de Paris, où il a rencontré le père Rami Abdel Sater.
Cette visite constitue une étape de ses rencontres avec les Libanais de la diaspora en France, notamment au sein des institutions ecclésiastiques qui jouent un rôle dans la préservation des liens spirituels, culturels et sociaux entre les Libanais établis à l’étranger et leur pays d’origine.
Rencontre avec les originaires du Batroun : développement, électricité et transport aérien
Bassil avait auparavant rencontré à Paris des Libanais originaires du district de Batroun. Il a souligné l’importance d’une implication accrue de la diaspora dans le développement de ses régions d’origine et dans la réussite des initiatives locales, ainsi que la nécessité de renforcer la coopération entre les Libanais résidant au pays et ceux établis à l’étranger afin de soutenir les projets de développement et les initiatives économiques.
Il a expliqué que la crise économique avait entraîné l’interruption de plusieurs projets essentiels dans le district de Batroun, notamment les routes de Tannourine el-Faouqa et de Tannourine el-Tahta, la route des Saints, ainsi qu’un projet d’assainissement pour lequel un prêt avait déjà été obtenu auprès du Fonds koweïtien pour le développement économique arabe. Il a assuré que les efforts se poursuivaient afin de mobiliser les financements nécessaires et de reprendre les projets suspendus.
Concernant l’électricité, Bassil est revenu sur les déclarations du ministre de l’Énergie, Joe Saddi, au sujet des démarches entreprises pour importer de l’électricité depuis la Turquie via la Syrie. Il s’est interrogé : « Quelle solution serait la moins coûteuse : acheminer de l’électricité produite dans des centrales situées en Turquie, via la Syrie, jusqu’au Liban, ou s’approvisionner auprès d’une centrale électrique turque installée sur un navire au large des côtes libanaises ? »
Sur le plan touristique, il a évoqué le développement continu des activités à Batroun, affirmant que l’événement « Capital de Noël » serait cette année d’une plus grande ampleur que l’an dernier, dans le cadre des préparatifs d’une saison de Noël particulièrement animée.
Il a également insisté sur la nécessité de réduire le prix des billets d’avion à destination du Liban afin d’encourager les Libanais de la diaspora à se rendre dans leur pays d’origine. Il a estimé que la situation de monopole dans le transport aérien constituait un problème auquel il fallait remédier en mettant fin à cette exclusivité et en ouvrant le secteur à la concurrence.
Ask Gebran : le défi de préserver le vivre-ensemble
Lors d’une autre étape de sa tournée, Bassil a participé à une rencontre intitulée « Ask Gebran », organisée par le RPL en France, en présence de plusieurs membres de la communauté libanaise. Les échanges ont porté sur l’identité du Liban, son rôle et sa mission, ainsi que sur l’importance de préserver le pluralisme et le partenariat entre ses différentes composantes.
Bassil a affirmé que le principal défi auquel les Libanais sont aujourd’hui confrontés consiste à répondre à une question fondamentale : souhaitent-ils continuer à vivre ensemble ?
Il a estimé que le modèle libanais, fondé sur la diversité culturelle, le pluralisme et le partenariat, demeurait préférable à la pensée unique, dont la région a connu plusieurs manifestations, malgré les sacrifices et les coûts qu’implique ce modèle.
Il a souligné que la responsabilité des Libanais ne se limitait pas à définir leur système politique, mais consistait également à déterminer le rôle que le Liban devait jouer et les moyens de permettre à chacun de contribuer à cette mission, tout en préservant sa liberté et ses droits.
S’adressant aux Libanais établis en France, Bassil a estimé qu’ils témoignaient du rayonnement du message du Liban au-delà de ses frontières géographiques, ainsi que de la capacité des Libanais à s’intégrer dans différentes sociétés sans renoncer à leur identité.
« Où qu’il aille, le Libanais porte en lui un message d’ouverture », a-t-il déclaré, soulignant que cet esprit d’ouverture avait permis aux Libanais de s’établir à travers le monde et de s’intégrer dans leurs sociétés d’accueil.
Le 13 octobre et le patriarche Hoayek : une portée nationale et historique
Évoquant la commémoration du 13 octobre, Bassil a estimé qu’elle était liée à la résistance face aux tentatives répétées de puissances extérieures, venues de l’Est comme de l’Ouest, de prendre le contrôle du Liban. Il a averti que le pays faisait aujourd’hui face, selon ses termes, à une nouvelle tentative de destruction de la part d’un État frontalier.
Il a insisté sur la nécessité de défendre la conception d’un Liban fondé sur un partenariat à part entière entre toutes ses composantes, considérant que cette formule conférait au pays sa singularité et son caractère distinctif.
Il a également souligné la portée symbolique de la coïncidence entre la commémoration du 13 octobre et l’installation d’une statue du bienheureux patriarche Élias Boutros Hoayek à la cathédrale Notre-Dame du Liban, à Paris, rappelant le rôle historique de ce dernier dans la création du Grand Liban.
Bassil a relevé que les choix relatifs à l’identité et au rôle du Liban continuaient de susciter des débats et des divergences entre les Libanais, y compris au sein de la communauté chrétienne. Il a insisté sur l’importance de préserver le Liban comme un espace d’ouverture et de rencontre, ainsi que sur le rayonnement de son rôle au-delà de ses frontières grâce à ses ressortissants établis à travers le monde.
Il a appelé à faire revivre les dimensions spirituelles et nationales de cette commémoration, en les reliant aux sacrifices consentis par des générations de Libanais pour préserver leur patrie et assurer sa pérennité.
Messe et inauguration de la statue du patriarche Hoayek à Paris
Bassil doit participer demain, dimanche 11 octobre, à 11 heures, à une célébration religieuse organisée par la paroisse Notre-Dame du Liban, dans sa cathédrale à Paris, à l’occasion de l’inauguration d’une statue du bienheureux patriarche Élias Boutros Hoayek et de la vénération de ses reliques.
La cérémonie comprendra le dévoilement d’un buste du patriarche Hoayek, réalisé par le sculpteur Rudy Rahmé et offert par Bassil à la cathédrale, ainsi que la bénédiction de l’œuvre et la vénération des reliques du bienheureux patriarche, offertes par les Sœurs maronites de la Sainte-Famille.
Cette célébration revêt une dimension spirituelle, nationale et historique, compte tenu du rôle joué par le patriarche Hoayek dans la création du Grand Liban et des liens qui unissent durablement le Liban à ses ressortissants établis en France.