Bassil dans le Chouf : Le Liban ne se construit pas par la domination, mais par le partenariat, et les mensonges sur l’électricité, l’amnistie et l’explosion du port finiront par être dévoilés

  • 25 September 2026
  • 1 hr ago
    • Lebanon
    • POLITICS
  • source: tayyar.org
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    Le président du Courant patriotique libre (CPL), le député Gebran Bassil, a déclaré, lors d’un dîner organisé par la commission du CPL dans le caza du Chouf, que « le Chouf reflète la réalité du Liban et sa nature dans toute sa diversité. Cette montagne a été l’un des fondements de l’entité libanaise, car il n’y a pas de Liban sans la Montagne », soulignant que « le Chouf représente beaucoup pour nous au sein du Courant. Notre conception du Liban repose sur l’ouverture, la coexistence et l’acceptation de l’autre. C’est ce en quoi nous croyons et ce pour quoi nous luttons ».
    Bassil a déclaré : « Nous nous demandons, alors que nous sommes ici au cœur de l’expérience du vivre-ensemble : quel Liban voulons-nous ? Un Grand Liban ouvert ou un Liban replié sur lui-même qui rejette l’autre ? Il y a une grande différence entre dire que nous ne pouvons pas vivre avec eux et dire que nous ne pouvons pas vivre sans eux. »
    Il a ajouté : « Sans exagération, nous sommes conscients de l’ampleur des différences qui existent entre nous, Libanais. Ces différences ne se situent pas uniquement entre les communautés, mais également entre les régions et au sein d’une même communauté. Nous estimons que cette diversité constitue une richesse. Le Chouf est véritablement l’endroit où nous pouvons nous demander : quel Liban voulons-nous ? Cette question est bien plus importante que celle de savoir si un gouvernement démissionne ou reste en place, car c’est une question sur laquelle nous, Libanais, sommes en désaccord et, malheureusement, l’ampleur de ce désaccord apparaît à chaque étape. »
    Bassil a poursuivi : « Nous étions en désaccord sur la souveraineté et nous nous livrions à une surenchère les uns par rapport aux autres. Mais lorsque nous revenons sur notre histoire, nous constatons que chaque fois qu’un pays puissant est venu imposer son influence sur notre pays, la majorité des gens se sont précipités vers lui. Ce n’est pas la première fois que la région connaît des axes. Nous en avons connu beaucoup, et il y a toujours eu un axe qui a pris le dessus sur un autre. Les conflits que nous vivons affectent notre quotidien, mais ils sont, dans leur essence, bien plus profonds. »
    Il a souligné que « le Courant patriotique libre veut un Liban ouvert, tout en le voulant souverain, libre et indépendant, ouvert sur son environnement et sur lui-même », estimant que « parvenir à cela n’est pas difficile lorsque nous pensons à nos localités et à la manière dont nous pouvons vivre ensemble ».
    Bassil a déclaré : « Nous pouvons vivre ensemble dans nos localités comme dans notre patrie, et c’est là le principal défi à un moment où le pays traverse des difficultés. Aujourd’hui, nous sortons des séances parlementaires consacrées à l’interpellation du gouvernement. En principe, c’est à l’opposition d’interpeller le gouvernement, mais il s’avère que les forces de la majorité le ménagent. »
    Il a insisté sur le fait que « notre objectif n’est pas de faire tomber le gouvernement, mais de corriger son action, car nous sommes responsables. Nous ne nous réjouissons pas, comme d’autres l’ont fait, en disant : nous n’avons pas réussi à assurer l’électricité et, espérons-le, les autres n’y parviendront pas non plus. Le Liban a besoin de beaucoup de choses, et chaque équipe qui arrive au pouvoir doit pouvoir montrer ce qu’elle a accompli, afin que celle qui lui succède essaie de faire davantage. Mais malheureusement, notre vie politique s’est transformée en une compétition pour savoir qui parviendra à entraver davantage l’autre. »
    Il a ajouté : « Lors des séances d’interpellation, tous nos députés étaient présents, non seulement pour interpeller le gouvernement, mais aussi pour lui demander : qu’allez-vous faire ? Le prix d’un bidon d’essence n’est pas élevé pour l’opposition et bas pour la majorité, pas plus que l’électricité n’est coupée pour un parti et assurée à un autre. Nous devons comprendre que nous sommes tous dans le même bateau et que, s’il coule, nous coulerons tous avec lui. Personne ne pourra se sauver seul. »
    Bassil a affirmé : « Nous aurions dû apprendre que ce pays ne se construit pas par la domination, mais par le partenariat, et qu’il ne se protège pas par la division, mais par l’unité. Toutes ces expériences auraient dû nous l’apprendre. Personne ne peut priver quelque groupe que ce soit de son droit d’interpeller le gouvernement, comme ils ont tenté de le faire avec nous. »
    Abordant le dossier de l’électricité, Bassil a déclaré : « Notre grand problème dans ce pays est que nous cherchons toujours à brouiller la vérité. Il y a la vérité et il y a le mensonge. Dans le dossier de l’électricité, ils ont affirmé que nous avions gaspillé entre 40 et 50 milliards de dollars dans le secteur. Aujourd’hui, au Parlement, les mêmes députés qui affirmaient que nous avions gaspillé 40 ou 50 milliards de dollars parlent de 22 à 24 milliards. Alors, où est passé le reste ? »
    Il a ajouté : « À l’époque, ils avançaient des chiffres mensongers. Ils ont qualifié ces sommes de gaspillage, alors qu’il s’agissait en réalité du coût d’une politique de subventions approuvée par les gouvernements auxquels ils participaient ainsi que par le Parlement, et comptabilisée au titre du secteur de l’électricité. Ils ont ensuite utilisé ce chiffre pour accuser le Courant patriotique libre d’avoir volé 40 ou 50 milliards de dollars. Or, la réalité est qu’il s’agissait d’une politique de subventions à laquelle le Courant était opposé et qu’eux-mêmes soutenaient. Toute supercherie finit un jour par être dévoilée. »
    Il a poursuivi : « Aujourd’hui, vous êtes arrivés au pouvoir et vous continuez à tenir le même discours, alors que les gens attendent de vous que vous agissiez. Au gouvernement, vous êtes soutenus, unis et seuls aux commandes. Vous ne pouvez pas mentir aux Libanais en leur disant que vous voulez quitter le ministère parce qu’on vous empêche de travailler. Qui vous empêche de travailler ? Le ministère de l’Énergie a-t-il soumis un seul projet qui n’a pas été approuvé ? »
    Il a ajouté : « Vous avez dit aux Libanais qu’il y avait du gaspillage dans le dossier des navires-centrales. Le dossier a été porté devant la justice et l’affaire a été close. Aujourd’hui, vous dites aux Libanais que vous voulez mener un audit judiciaire au ministère de l’Énergie. Vous perdez du temps, alors que les Libanais veulent un audit judiciaire sur leurs dépôts bancaires. Vous menez un audit judiciaire sur le dossier des navires-centrales, et nous vous mettons au défi d’y trouver quoi que ce soit. »
    Il a déclaré : « Vous détournez l’attention des Libanais avec des mensonges pour ne pas avoir à leur expliquer pourquoi vous n’avez pas résolu un problème comme celui de l’électricité. Après 19 mois au ministère, vous ne devriez plus parler de ce que les autres ont fait ; agissez, vous. »
    Bassil : Vous avez privé le Chouf du barrage de Bisri, alors comment avez-vous protégé l’environnement ?
    Bassil a abordé le dossier de l’eau et des barrages, s’interrogeant : « Est-il concevable qu’un Premier ministre déclare qu’il ne débloquera pas les fonds destinés à l’eau ? Quant aux barrages que vous dites vouloir faire étudier par des entreprises internationales, qui pensez-vous avoir étudié les barrages à notre époque ? C’étaient déjà des entreprises internationales. »
    S’adressant aux participants dans le Chouf, il a ajouté : « Vous avez été privés du barrage de Bisri sous prétexte de protéger l’environnement. Alors comment l’environnement a-t-il été protégé en déversant des produits chimiques dans le barrage ? Est-ce ainsi que vous avez sauvé l’environnement, en privant les Libanais de 170 millions de mètres cubes d’eau ? »
    Bassil est ensuite passé au dossier de la loi d’amnistie, déclarant : « Hier, un nouveau mensonge est apparu au sujet de la loi d’amnistie. Certains ont affirmé qu’il y avait 40 ou 50 personnes injustement détenues sans procès. Ils ont alors cherché à couvrir leur faute en légalisant la criminalité dans le pays. Est-il concevable de faire sortir 6 000 criminels de prison ? »
    Il a ajouté : « Ensuite, à leurs yeux, c’est le Courant qui devient sectaire et des manifestations sont organisées. Est-il concevable que le Parlement en vienne à légaliser le crime ? »
    Abordant le dossier de l’explosion du port de Beyrouth, Bassil a déclaré : « Depuis 2020, vous avez lancé de fausses accusations contre nous et affirmé que le président Michel Aoun était au courant. Lorsque le rapport est parvenu au président Aoun, il l’a transmis au Conseil supérieur de la défense, et quelques jours seulement se sont écoulés avant que l’explosion ne se produise. »
    Il a ajouté : « Le ministre de la Justice en 2014, lorsqu’il a reçu une lettre officielle de la justice et d’un État étranger et qu’il a été informé de la présence de nitrate, n’était-il pas au courant depuis 2014 et jusqu’en 2020 ? Et tous les services de sécurité, n’étaient-ils pas au courant ? »
    Il a poursuivi : « À chaque fois, vous répétez le même mensonge. Cela ne vous mènera nulle part ; au contraire, cela finira par vous démasquer. Ceux qui jouent à ce jeu dans les médias sont connus. Vous portez atteinte à la dignité des familles des victimes et vous brouillez la vérité, car lorsque vous cherchez à rejeter la responsabilité sur une partie qui n’est pas responsable, cela signifie que vous occultez le véritable responsable. »
    Bassil a également abordé les développements liés à Israël et aux armes du Hezbollah, déclarant : « Hier, vous avez menti aux Libanais en leur disant que l’accord-cadre pousserait Israël à se retirer du Liban, qu’une fois Israël retiré, l’armée prendrait sa place, que la reconstruction aurait lieu et qu’ensuite le Liban réglerait la question des armes du Hezbollah. »
    Il a ajouté : « La partie israélienne est venue dire : en tant qu’État, désarmez d’abord le Hezbollah. Ensuite, j’évaluerai la situation et, si j’estime que ce qui a été fait est suffisant, je déciderai si je procède à un redéploiement. »
    Bassil a conclu : « La partie israélienne affirme chaque jour qu’elle ne se retirera pas et qu’elle restera dans la zone de sécurité. Au final, le mensonge sera dévoilé aussi bien dans la pratique que dans le texte. »