Le président du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, a affirmé que les deux dernières années sont une répétition de la guerre qui frappe le Liban en toute tragedie depuis 1948, tout en estimant que la situation actuelle pourrait constituer une opportunité pour mettre fin au cycle de conflits et ouvrir la voie vers une série d’accords. Dans une interview avec le journaliste Jad Ghosn sur la plateforme “ Alarabi Plus “, il a souligné que “ nous avons la responsabilité de mettre fin aux guerres, mais c’est Israël qui les déclenche et de nombreux acteurs soutiennent et encouragent cette politique “, précisant qu’il n’y avait pas de Hezbollah en 1948, 1967, 1978 et même jusqu’en 1982, et que “ le Hezbollah “ et la résistance sont nés en réaction à l’occupation “.
Bassil a cependant considéré que le Hezbollah, ne se limite plus à la défense du Liban, notamment après son implication dans le soutien militaire a Gaza, et qu’il intervient désormais dans des dossiers dépassant le cadre libanais. Il a déclaré : “ C’est pourquoi il porte une part de responsabilité, mais dans l’ordre naturel des choses, c’est toujours Israël qui est l’agresseur contre la Palestine, les pays arabes et le Liban, qui a supporté tout le poids des guerres. “
Il a expliqué que la légitimité de la résistance à toute occupation est consacrée par le droit international, “ mais le Hezbollah a perdu la légitimité de la résistance et a perdu une partie de sa légitimité populaire lorsqu’il est passe d’une posture défensive a un soutien militaire a la cause palestinienne et a la stratégie iranienne depuis le territoire libanais ».
Il a précisé : “ Aujourd’hui, il y a une agression israélienne constante contre nous, une violation de la souveraineté par les airs, par mer et par terre, et il y a une atteinte à nos richesses “ .
Il a déclaré que le Liban avait payé le prix de problèmes accumulés, soulignant que l’accord de cessez-le-feu était en vigueur et restait un cadre juridique valable. Il a fait remarquer qu’” il y avait une légitimité de l’État pour le Hezbollah et que dès l’application des accords de Taëf, les gouvernements successifs ont approuvé la libération du territoire “, et a rappelé que “ tout ce processus avait une légitimité constitutionnelle et populaire, mais le tournant décisif s’est produit le 7 octobre 2023, lorsque le Hezbollah a décidé de soutenir Gaza et n’était plus dans la posture défensive prévue par le document d’entente, mais s’est engagé dans une stratégie offensive, quelles qu’en soient les justifications “. Il a estimé que “ le simple fait de mener une action offensive, même préventive, n’est pas justifiable aux yeux du peuple libanais “.
Stratégie de sécurité nationale
Bassil a poursuivi : “ À ce jour, les Libanais ne veulent pas admettre que la solution à la stratégie défensive peut être trouvée entre nous. “
Il a estimé qu’à un certain stade, le Hezbollah s’est mis à se considérer comme puissant et utilise son excédent de force non seulement dans ses relations avec l’extérieur, mais aussi contre les Libanais. Bassil a estimé que « le Hezbollah accepte aujourd’hui une stratégie défensive parce qu’il est affaibli “, alors que ces adversaires veulent l’éliminer ». Il a souligné qu’” il n’existe aucun État qui ne dispose pas d’une stratégie de sécurité nationale, et celle-ci ne se limite pas à l’aspect militaire, mais englobe également la défense en termes de rôle et de fonction “. Il a souligné que “ le Courant a une vision complète de la manière dont nous devons mener une stratégie de sécurité nationale “, et que même “ si nous sommes dans l’opposition, nous avons dit à tout le monde : présentez une proposition libanaise pour négocier avec les Israéliens “.
Il a déclaré : “ Où en sommes-nous aujourd’hui avec cette proposition libanaise pour dire ce que nous ferons à l’intérieur du pays ? Personne ne résout le problème des armes de cette manière “. Il a précisé : “ Nous sommes en guerre depuis deux ans et nous ne savons pas combien de temps durera la guerre avec l’Iran ; nous ne savons pas, compte tenu des rapports de force régionaux, ou par intérêt à laisser la crise ouverte pour la vente des armes, utiliser les détroits et faire chanter la Chine et d’autres pays. Allons-nous donc rester dans l’attente, comme c’est le cas aujourd’hui ? “
Bassil a affirmé que “ la question des armes doit être réglée dans le cadre de leur contrôle exclusif, sans que la stratégie de défense ne serve de prétexte pour diluer la décision “, soulignant qu’ “ il faut rassurer le Hezbollah en lui faisant comprendre qu'il constitue un élément essentiel de la protection militaire et que son rôle politique est fondamental “. Il a ajouté : “ Mais le Hezbollah doit accepter que le commandement militaire revienne à l’armée et que le commandement politique revienne au gouvernement et au Parlement, et non à un seul groupe “, soulignant qu’” il n’est pas possible d’obtenir des contreparties par le biais de privilèges politiques au sein du système ; quant aux armes, nous en payons le prix à l’étranger, nous ne les offrons donc pas gratuitement lors des négociations, mais il n’est pas permis de les utiliser comme carte de pression sur le plan intérieur “.
Négociations et paix
Il a souligné que “ le Liban s’engage dans des négociations avec Israël sans garanties concrètes, ni même une promesse “. Il a déclaré que “ le Liban se rend aux négociations sur la base d’un protocole d’accord, approuvé par les gouvernements libanais et israélien évoquant la fin de l’état de guerre, alors que la fin de cet état de guerre au Liban nécessite une loi “.
Il a ajouté qu’Israël nous fait la guerre, mais le protocole prévoit d’accorder à Israël le droit de se défendre et prévoit une coopération entre le Liban et Israël contre les groupes armés au Liban, ce qui signifie que nous sommes confrontés à un grave problème interne. Il a souligné que dans ce cadre, lors des négociations, “ nous nous serions écartés de l’Initiative arabe et de toute couverture internationale “.
Il a demandé : “ Pourquoi aller négocier alors que l’État n’a pas le pouvoir de décision ? Ainsi j’aurais accordé à l’autre partie une concession, l’acceptation et la reconnaissance sans rien obtenir en échange “. Il a affirmé qu’ “ il n’est pas possible de négocier sans s’entendre avec le “ Hezbollah “ ou, à tout au moins, sans garantir un minimum d’entente sur un document libanais à travers lequel nous pourrons assurer du moins la fin de la guerre, le retrait et le retour des déplacés libanais “, estimant que “ le “ Hezbollah “ n’a pas le droit de refuser et que, dans ce cas, c’est lui qui s’isolerait s’il refusait de négocier “.
Il a souligné que “ chaque étape a ses propres conditions et que nous pouvons d’abord conclure un cessez-le-feu, puis le réaffirmer ou en rédiger un nouveau “, précisant que “ les étapes vers la paix sont au nombre de trois : le cessez-le-feu, la paix, puis la normalisation “. Il a déclaré : “ Je suis pour la paix et je considère que la paix aboutit naturellement à la normalisation, sinon ce n’est pas de la paix.
Aujourd’hui, entre Israël, la Jordanie et l’Égypte, il y a la paix mais pas de normalisation. C’est là que réside l’erreur des accords d’Abraham : ils commencent par la normalisation et, dans un langage imposé, cela ne fonctionne pas “.
Il a souligné que “ pour que cela réussisse, les peuples doivent le vivre, mais pas de manière sarcastique, c’est-à-dire qu’un Libanais soit tué aujourd’hui alors que d’autres disent : “ Je veux boire de la bière en Israël “. Il a ajouté : “ Il faut respecter les sentiments de chacun, et notre dignité humaine est bafouée chaque jour “, et “ le Libanais qui est contre le Hezbollah ne doit pas se réjouir, et le Hezbollah ne doit pas faire preuve d’arrogance en disant “j’ai gagné”, car ce n’est pas une victoire quand on constate une telle ampleur de déplacements de population, de destruction et d’incapacité à dissuader “.
Bassil a déclaré : “ Je ne suis pas pour la capitulation et l’acceptation de ce que veulent les Américains, mais il faut résister, et votre peuple et votre État sont avec vous. Et vous devez, en tant que Hezbollah, accepter une stratégie de sécurité nationale dans laquelle vous reconnaissez que vos armes ne sont pas éternelles, immuables et indestructibles. Comment rassurerez-vous les enfants de votre patrie ? “ Il a souligné que “ le gouvernement est incapable de mettre en œuvre les exigences et qu’il se soumet à l’agenda étranger “, et qu’” il y a une capitulation totale face aux volontés de l’étranger “.
Bassil a poursuivi : “ La plus grande impuissance s’est manifestée avant la guerre, car celle-ci a masqué les “ failles “ du gouvernement, qui se cache derrière la guerre pour poursuivre sur la voie de l’impuissance. Qu’a-t-il donc fait en matière d’indépendance de la justice et de restructuration des banques, de l’électricité et de l’eau ? “ Il a précisé : “ Nous avons présenté des plans pour tout, mais même pour la reconstruction, le gouvernement n’a pas présenté de plan définissant les priorités et a attendu un document américain. “
Il a demandé : “ Nous, au sein du Courant, même en tant qu'opposition, avons élaboré une stratégie de sécurité nationale ; comment se fait-il que le gouvernement et l'État ne le fassent pas ?! “ Il a ajouté : “ Ils ont menti au Hezbollah et à l'étranger en même temps, et c'est pourquoi ils ont fait porter le chapeau au chef de l'armée !
Taif et le système
Concernant le système, Bassil a déclaré : “ L’accord de Taif doit être appliqué, je suis pour l’abolition du confessionnalisme sous toutes ses formes, mais non pas pour la supression du système confessionnel politique visant à marginaliser un groupe. “ Il a précisé : “ La volonté de vivre ensemble existe chez les chrétiens, et pour que nous nous rassurions mutuellement après les phases de peur que nous avons tous traversées, chrétiens, sunnites, chiites et druzes, cela doit passer par des étapes vers un régime laïc. C’est ce en quoi croit le Courant patriotique libre : vivre dans un État de droit, mais de manière progressive afin de préserver l’idée de vivre en partenariat. Cela se fait par le biais du Sénat et de la préservation des questions foncières et de la nationalité “. Il a souligné : “ Le moment est toujours opportun car notre système ne fonctionne pas, mais cela ne doit pas être le résultat d’une guerre où l’une des parties prend le dessus ; car il y a ceux qui menacent le Hezbollah et, au sein de la communauté chiite, ceux qui menacent également, et personne ne peut priver quiconque de son identité libanaise. “
L'appartenance au Levant et au monde arabe et la question de la paix
Bassil a souligné que “ nous avons une appartenance libanaise, levantine et arabe, et nous sommes naturellement dans le giron du Levant “, ajoutant que “ le Liban doit soit réussir tel qu’il est, avec la coexistence islamo-chrétienne, et son échec signifierait l’échec d’une expérience de pluralisme au Moyen-Orient. Il a souligné que c’est là “ le problème fondamental avec Israël : cet État a été fondé sur la religion et croit se protéger en démantelant les pays qui l’entourent, car il vit dans l’obsession de la sécurité et craint les puissances voisines telles que l’Égypte, l’Irak et la Syrie “. Il a précisé : “ Le Liban est un État fort, avec sa formule unique, et il est capable de rivaliser largement avec Israël dans divers domaines, du tourisme à la culture et au-delà. “ Il a souligné que “ nous ne pouvons pas dire qu’en tant qu’État, nous avons échoué, mais nous ne pouvons pas non plus dire qu’en tant que société, avec tous nos défauts, nous n’avons pas réussi à tenir bon “.
Bassil a déclaré que le président syrien Ahmad al-Sharaa s’était entretenu avec les Israéliens et avait fait des concessions sur des questions de sécurité qui n’étaient pas acceptables auparavant, mais qu’Israël avait rejeté sa proposition et encouragé les entités sectaires. Il a souligné que “ les Libanais veulent la paix et le Liban ne peut pas continuer à exister sur la base de la logique des guerres, mais si nous vivons sous le joug de l’agression, comment peut-on parler de paix alors que chaque jour, des gens sont tués et leurs maisons démolies de manière systématique “ ? Et il a demandé : “ Le Christ crucifié sur la croix se bat-il, la Vierge à qui l’on a mis une cigarette dans la bouche se bat-elle, et l’église de Debel, Saint-Georges à Yaron et d’autres se battent-elles ?
Il a estimé que “ le peuple d’Israël est lui aussi fatigué, l’immigration ne se fait plus vers Israël, mais il y a un mouvement migratoire inverse et la fracture sociale israélienne est profonde “, soulignant que “ nous devons accepter que cette région puisse être le lieu de coexistence des trois religions monothéistes et que Jérusalem doive être une ville ouverte à toutes les religions “.
Les positions internes et la question de la souveraineté
Concernant la proposition de protection du Liban, Bassil a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une “ position libanaise “, déclarant : “ La nature de notre courant est de se situer au centre, entre la droite et la gauche ; nous sommes de droite en ce qui concerne l’identité libanaise et de gauche en ce qui concerne l’intégration et la coexistence “.
Il a précisé : “ Nous ne sommes pas favorables à l’ingérence iranienne au Liban, ni à l’occupation du Liban par Israël, et nous ne voulons pas suivre un agenda occidental qui pourrait comporter des éléments non favorables au Liban, comme le soutien à l’occupation israélienne, ni suivre un agenda oriental qui comporte également des éléments non favorables au Liban, notamment l’ingérence dans nos affaires politiques et militaires “. Il a souligné que “ notre choix est libanais : il tient compte de nos relations avec l’extérieur et de la nécessité de nous adapter à la réalité, mais nous ne suivons pas aveuglément les impositions extérieures de tel ou tel axe “.
En réponse à une question, Bassil a ajouté : “ Il n'y a rien de mal, en politique, à procéder à une analyse critique, mais en ce qui concerne notre position, c'est le “ Hezbollah “ qui a changé d'orientation, passant d'une posture défensive à une posture offensive, tandis que notre choix reste libanais. Il a souligné qu’en ce qui concerne l’intervention du Hezbollah en Syrie, ce qui a fait la différence, c’est que “ Daech “ et “ Al-Nosra “ avaient occupé le territoire libanais et qu’à ce stade, même les Libanais avaient apporté un soutien populaire pour expulser les bandes armées des zones frontalières libanaises, ces organisations ayant failli atteindre la côte libanaise ; personne ne souhaite voir des combattants étrangers sur son sol “. Il a indiqué qu’il n’y avait aucune justification pour s’enfoncer en profondeur en Syrie et s’ingérer dans les affaires du Golfe et autres.
Quant à la notion de “ souveraineté “, il a déclaré : “ À ceux qui parlent de souveraineté, qu’ils soient nouveaux ou anciens partisans de la souveraineté, qu’est-ce que la souveraineté ? Est-ce laisser Israël anéantir le “ Hezbollah “ et chasser les chiites d’Irak ? Est-ce cela la souveraineté ? Et que certains se vantent que la guerre ne s’arrête pas et qu’Israël s’emploie à éliminer une entité libanaise avec laquelle, certes, nous avons eu des divergences politiques et que certains considèrent comme étrangère, mais qui reste en fin de compte une question interne que nous devons résoudre ensemble “.
Il a ajouté : “ D’un autre côté, qu’est-ce que la souveraineté ? C’est quand quelqu’un dit : “ Je ne veux ni des États-Unis ni d’Israël “. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’il veut l’Iran, alors que celle-ci déclare ouvertement qu’elle sert ses propres intérêts. “ Il a précisé : “ “ Si nous étions tous restés dans le cadre de la politique libanaise et de l’intérêt libanais, la situation aurait été différente, mais personne ne peut parler de souveraineté à un moment où il lie clairement et ouvertement sa décision politique à une partie étrangère spécifique “.
Dans ce contexte, Bassil a estimé que “ les mouvements du Parlement ne se font qu’avec un mot d’ordre venu de l’extérieur “, soulignant que “ la question syrienne a été réglée avec les prisonniers syriens et que le Parlement a consacré neuf séances à l’examen d’une loi d’amnistie “. Il a déclaré : “ Si seulement nous avions vu ce même élan dans la réforme, mais nous le voyons plutôt dans le principe de l’impunité et de l’encouragement au crime “, ajoutant : “ Chaque individu a une cause pour laquelle il peut prétendre s’être sacrifié, et nous constatons une incitation à la criminalité lorsqu’on parle d’une amnistie qui s’appliquerait à “ certains “ et à “ d’autres “, ce qui pourrait pousser certains à réclamer l’amnistie pour les assassinats politiques “.
Bassil a affirmé qu’” une génération entière échappe désormais à toute responsabilité pénale, et même les fonds des déposants du coupable, qui fait l’objet d’une poursuite internationale comme Riad Salameh, trouvent une justification et lui permettent d’échapper à la prison “, ajoutant : “ Ces faits témoignent de l’état d’esprit qui anime la classe politique libanaise “. Il a souligné que “ le Courant est favorable à la levée de l’injustice qui pèse sur les islamistes non condamnés “, et qu’il est favorable à l’amnistie “ pour ceux qui sont partis en Israël et n’ont rien commis “. Il a ajouté : “ Le Liban doit les récupérer “, en posant la question : “ Comment mettre fin au crime s’il n’y a pas de sanction ? “
Il a affirmé : “ Alors qu’un pays tout entier est pillé et que l’argent des Libanais est volé, on ne voit aucun effort pour adopter des lois de réforme, du contrôle des capitaux jusqu’au comblement du déficit budgétaire. C’est là l’expression d’un état d’esprit politique qui a dominé la classe politique, nous a légué des maux malins et a démantelé l’État “.
La diversité au sein du “ Courant “
Au sujet de la diversité au sein du Courant patriotique libre et des nuances dans l’expression de son discours, Bassil a déclaré que “ le Courant “ “ reflète la réalité libanaise dans toute sa pureté, avec toute la diversité libanaise, ce qu’on appelle la droite et ce qu’on appelle la gauche. Lorsque nous étions en phase de libération, le général Michel Aoun disait : “ Libérons le Liban, et nous nous mettrons d’accord plus tard sur la forme du gouvernement “.
Il a conclu l’entretien en précisant : “ Le Courant, diversifié par ses confessions et ses idées à travers tout le Liban, reflète cette réalité, et nous considérons cela comme une richesse. Le Courant est le reflet du Liban et nous travaillons à “ harmoniser “ le discours politique, mais le “ Courant “ n’est pas un parti idéologique ; telle est son éducation nationale. Nous avançons sur une “ autoroute “ où il y a des marges de manœuvre dans le cadre de la politique libanaise et il y a ceux qui démissionnent et ceux qui ne se contrôlent pas sur les réseaux sociaux : qu’ils quittent le Courant et nous perdons des personnes chères. Même si nous avons des sentiments, l’intérêt du “ Courant “ l’emportera finalement “.